mercredi 12 avril 2017

Exilé

Tu as tourné le dos au midi
et relâché tes attaches
pour partir en quête du monde
idéal dont tu rêvais.

Aux confins de la mer
le couchant étalait
sa flamboyante parure de feu
que tu  portes gravée dans ton âme.

Tu as pris le train le bateau
tu as dû souvent marcher à pied.
Tu aurais pu périr noyé
mourir de faim et de fatigue
tomber sous les coups du sort.

Mais les méandres de ton périple
t’ont amené dans ce paysage
étranger où tu souffres
loin de tes racines
dépourvu de liens affectifs
avec les gens et les choses. 

Ton âme fut bercée
par les rumeurs d’une autre mer
qui s’agite loin d’ici 
les montagnes de ton pays
ne sont jamais coiffées de neige
et les levers du soleil
de ton enfance qui t’illuminent
encore le cœur
jamais tu ne les retrouveras
dans le ciel de cette terre.

Tu as bu dans les ruisseaux
à quatre pattes comme une bête
mais tu n’as pas vu ton visage
éreinté ni ton regard
absent de voyageur du désert
les miroirs sans tain
aussi profonds que flous
ne savent rien de ton âge

Repose-toi sur le rivage
et écoute le vent
ton compagnon d’aventure
marcher sur l’eau en murmurant
mais n’oublie pas la litanie
des nuages pleurant
sur les cascades
ils viendront bientôt ensevelir
ton regard dans un linceul de brume.

J. L. Miranda

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