mardi 28 mars 2017

11 Septembre

                                                                     
De béton hérissé s’agite New York,
Cité au ciel splendide d’où descend le jour,
D’où descendra la mort vorace.
Le matin s’est levé, la ruche est à son labeur ;
De la fièvre des rues sourd un brouhaha long
De basse monocorde au fond d’un tombeau
Rythmant la vie fébrile de la foule.

La pendule du progrès tient la cité en haleine,
Règle l’heure des rendez-vous,
L’arrivée des avions ;
Règle les crimes de sang,
La fureur et la haine.
Se croire le plus fort est la faiblesse du puissant ;
La force de l’humilié c’est de tuer sans remords.
Où sont les bons ? Où sont les méchants ?
Au cœur des pulsions animales niche la mort,
On assassine encore au nom de Dieu.

Et voici que le ciel de la bruyante cité
Se trouble au grand fracas qui soudain retentit.
Mon Dieu, mais c’est la guerre, crient les gens ahuris.
Le clair équilibre du jour se rompt…
Que vaut la vie ?
Dans la fumée qui monte un empire s’effondre.
Panique. La poussière roule en ras de marée,
Poussant devant elle le bruit de la fin d’un monde.

Vengeance ! Vengeance ! Il faut chercher les tueurs !
Nous remuerons ciel et terre pour les retrouver ;
Nous les aurons vifs ou morts, dit-on en haut lieu.
Contrées du désespoir, ils brûleront vos pierres.
De puissantes fusées viendront semer la mort ;
Vous aurez à endurer les horreurs de la guerre…
Ils ont peut-être raison, mais vous, avez-vous tort ?
A l’ombre du grand frère, la haine nourrit sa graine.

Le soleil levant est le phare de l’Orient,
Phare du plaisir doré sur la grasse pelouse ;
Il éclaire nos contrées mais n’émeut plus nos cœurs
Engourdis, trop épris de volupté facile.
L’abîme s’est creusé entre nous et ces gens
Qui mangent pour vivre et meurent différemment.
Ces gens dont l’âme et le corps ne sont assujettis
Aux mirages de l’argent, soif qu’on étanche pas.

Une poignée de dollars contre une poignée de sable
Est un marché de dupes que nul ne peut souscrire.
Le tueur au regard doux a le cœur blessé,
Il dit que la terreur est le mal assoiffé de sang
D’où sortira le bien quand Satan sera repu…


                                

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