De
béton hérissé s’agite New York,
Cité
au ciel splendide d’où descend le jour,
D’où
descendra la mort vorace.
Le
matin s’est levé, la ruche est à son labeur ;
De
la fièvre des rues sourd un brouhaha long
De
basse monocorde au fond d’un tombeau
Rythmant
la vie fébrile de la foule.
La
pendule du progrès tient la cité en haleine,
Règle
l’heure des rendez-vous,
L’arrivée
des avions ;
Règle
les crimes de sang,
La
fureur et la haine.
Se
croire le plus fort est la faiblesse du puissant ;
La
force de l’humilié c’est de tuer sans remords.
Où
sont les bons ? Où sont les méchants ?
Au
cœur des pulsions animales niche la mort,
On
assassine encore au nom de Dieu.
Et
voici que le ciel de la bruyante cité
Se
trouble au grand fracas qui soudain retentit.
Mon
Dieu, mais c’est la guerre, crient les gens ahuris.
Le
clair équilibre du jour se rompt…
Que
vaut la vie ?
Dans
la fumée qui monte un empire s’effondre.
Panique.
La poussière roule en ras de marée,
Poussant
devant elle le bruit de la fin d’un monde.
Vengeance !
Vengeance ! Il faut chercher les tueurs !
Nous
remuerons ciel et terre pour les retrouver ;
Nous
les aurons vifs ou morts, dit-on en haut lieu.
Contrées
du désespoir, ils brûleront vos pierres.
De
puissantes fusées viendront semer la mort ;
Vous
aurez à endurer les horreurs de la guerre…
Ils
ont peut-être raison, mais vous, avez-vous tort ?
A
l’ombre du grand frère, la haine nourrit sa graine.
Le
soleil levant est le phare de l’Orient,
Phare
du plaisir doré sur la grasse pelouse ;
Il
éclaire nos contrées mais n’émeut plus nos cœurs
Engourdis,
trop épris de volupté facile.
L’abîme
s’est creusé entre nous et ces gens
Qui
mangent pour vivre et meurent différemment.
Ces
gens dont l’âme et le corps ne sont assujettis
Aux
mirages de l’argent, soif qu’on étanche pas.
Une
poignée de dollars contre une poignée de sable
Est
un marché de dupes que nul ne peut souscrire.
Le
tueur au regard doux a le cœur blessé,
Il
dit que la terreur est le mal assoiffé de sang
D’où
sortira le bien quand Satan sera repu…
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