J’ai toujours
eu l’esprit curieux. Sans en avoir l’air, je tendais l’oreille à la
conversation des adultes ; je ne comprenais pas tout, mais je me rendais bien
compte qu’ils disaient des choses qui n’étaient pas de mon âge.
Aussi, j’aimais
fouiller les recoins oubliés, les tiroirs fourre-tout, et même les poches des
habits de ma grand-mère, à la recherche d’une pièce qui y aurait été oubliée.
C’est ainsi
que j’ai mis la main sur un petit carnet noir. Mon grand-père y consignait ses
souvenirs et ses pensées. Son écriture était menue, propre, sans l’ombre d’une bavure.
En voici un
extrait :
« Avoir la foi c’est un peu
comme tomber amoureux, à la différence que ,
dans le premier cas, on s’éprend d’une
idée, alors que , dans le second, on est
attiré par un être en chair et en os.
Cependant, dans une situation comme
dans l’autre, on perd pied dans le monde réel pour glisser sous l’empire de
l’illusion. »
*
« La misère sera bannie de la
terre le jour où ceux qui en sont épargnés s’en préoccuperont au point de
donner un peu d’eux-mêmes pour la combattre. Hélas ! la nature humaine est peu
encline au partage. Ne rêvons donc pas, continuons de bichonner nos chiens et nos
chats , qui ne demandent pas tant pour
être des compagnons dévoués.
L’autre jour, j’en ai vu un emmailloté
de fourrure, une plaque d’identité en or sur le collier; il m’avait l’air de
moquer l’entichement de sa riche maîtresse en manque d’affection. »
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