Vénérable ermite, dit le garde, en ce coin retiré du monde, on a trompé tant d'observateurs dont les mots avaient leur source dans le mécontentement d'eux-mêmes.
L’esclave sortit, alla vers son souverain sacrificateur et lui trancha l'oreille.
Viens-tu à l'enterrement des paroles imprudentes qui alarmèrent ta conscience coupable ? Déguiser ce vol de l’anneau en présent, quel blasphème impardonnable ! Reconnaissez-vous là les entailles qu’il m’a fait faire sur les seins ? Une oreille pour deux seins, ce n’est que justice.
Je me pique peu de mon fait, je sais qu’il me vaudra une mort atroce. Racontez-moi sa réaction, garde, dites-moi tout. Je vous laisserai voir à loisir le trou béant où mon âme s’est délitée lentement. Rien que ténèbres et nuit profonde. Ténèbres et nuit continue, nuit maudite des enfers !
Négligeons pour l'instant où je couperais le cordon ombilical de la royauté. Je sais, vous avez cessé de croire aux fruits de la terre et à la bienveillance du ciel. Mais l’immobilité absolue est le signe d'un danger précis.
Sorcier, crie le garde d'une voix forte, s’il n’y a plus de vin dans la cambuse, allez chercher le souper de cette femme dans le vaisseau amiral. Elle est trop faible, elle veut mourir. Convoque les vents au cœur de l’été, dis-leur de s’amasser en tempête et de venir à son chevet. Et qu’ils pleurent en sanglotant !
Travaillés par l’ennui et la débauche, les maîtres ne trouvaient de bonheur qu'aux cruautés de la chasse et de la guerre. Tout le reste avait perdu son charme à leurs yeux. Le souverain rappelait la belle esclave dans son lit entre deux batailles. Elle mouillait ses pieds de larmes amères.
Remontant aux sources et aux causes de la faiblesse humaine, le sage ne trouve le remède que dans la méditation, tandis que le croyant se répand en prières. Dans la résistance acharnée de l’esclave aux rongeurs jetés dans sa cellule, elle perdit tout espoir ; sa vie, minée de toutes parts, se mit à vaciller comme la lumière d’une torche.
Elle se souvenait du temps où son père, roi sans couronne, se mit en travers du chemin des barbares. A l'entrée de sa demeure s'entassaient les richesses qu'il avait amassées. Ils ont tout emporté, tout ce qu’il avait de plus cher : l’honneur, sa fille comme esclave. Et ils mirent le feu au palais.
Tiens-moi au courant de la vie à la cour ! Étale-moi cent mille ducats sur le parquet. Ne me montre pas sa lettre ! Il y est trop d’inimitiés enfantées par la mort ! Nous sommes séparées par une crête d'herbes folles, telle une immense couronne d'écume blanche... Je meurs vaincue, mais debout.
La tempête des désirs s’est calmée. Vis tant que tu pourras, garde, et souviens-toi de moi. Adieu. Mes yeux brûlent déjà sous d’autres soleils plus splendides que ceux de ce pays. Merci mille fois de m’avoir procuré le poison qui va me libérer. Adieu…
J. L. Miranda
L’esclave sortit, alla vers son souverain sacrificateur et lui trancha l'oreille.
Elle se souvenait du temps où son père, roi sans couronne, se mit en travers du chemin des barbares. A l'entrée de sa demeure s'entassaient les richesses qu'il avait amassées. Ils ont tout emporté, tout ce qu’il avait de plus cher : l’honneur, sa fille comme esclave. Et ils mirent le feu au palais.
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