jeudi 23 mars 2017

Quel gâchis !

M. Fillon connaît la chose publique de l’intérieur, il ne pouvait pas ignorer que tout finit par se savoir. Alors, comment en est-il arrivé là ?

A l’issue de la primaire, il est devenu le candidat incontestable et incontesté de la droite. On voyait en lui le prochain président de la République. Qui pourrait le battre ? En plus de l’expérience du pouvoir, il s'était forgé l'image d'un homme honnête, avec une intégrité morale sans faille.

Naturellement, il a suscité beaucoup d’espoirs. Moi-même, j’ai cru voir en lui le Schroeder français, l’homme providentiel. Il ferait les réformes structurelles qui s’imposent pour mettre la France sur les rails de la croissance économique, créatrice d’emplois.

Et puis patatras ! Voilà que les affaires noircissent l’horizon, que l’image de l’homme providentiel se ternit. Ses chances de devenir président sont désormais sérieusement compromises, quelle que soient les décisions de la justice.

C’est une situation inédite dans la Ve République. A un  mois du premier tour, la droite peine à se faire entendre. Et s’il devient président, avec quelle légitimité peut-il demander des sacrifices aux Français pour réformer le pays ? La légitimité des urnes ne suffit pas, une bonne partie de l'opinion lui sera toujours défavorable. Dans les manifs, qui seront virulentes, on ne manquera pas de brandir des slogans rappelant les affaires.

Comment a-t-il pu en arriver là, lui qui n'a cessé de répéter qu’il faut être irréprochable pour accéder a la fonction suprême ?

L’ambition de devenir un jour président de la République doit le talonner depuis le début de sa carrière. Il était si près de toucher au but. Mais il n’a pas su éviter les écueils qui ont été fatals à d’autres avant lui.

Il semble tenir bon pour le moment. On dit que ses soutiens font bloc autour de lui. En fait, ce n’est qu’une façade qui se fissure un peu plus chaque jour. Beaucoup, et pas des moindres, recherchent une porte de sortie. Il est vrai qu’il y a loin entre les hauteurs où il s’est hissé et le bourbier où il se débat. Comment l’imaginer président de la République, après ses affaires qu’il traînera longtemps comme un boulet ?

Il  s’accroche dans l’espoir que les affaires seront oubliées, mais de nouvelles révélations paraissent régulièrement. Deux nouveaux chefs d'inculpation ont été annoncés par les médias: escroquerie aggravée et faux et usage de faux. De nouveau, M. Fillon dénonce une machination orchestrée par le pouvoir. Il prétend avoir respecté la loi, répète que les preuves de son innocence on été fournis au PNF.

On a du mal à croire qu'un magistrat expérimenté comme M. Tournaire aurait mis M. Fillon en examen, au lieu de témoin assisté, s'il n'avait pas d'indices tangibles de sa culpabilité.


Sans doute, M.Fillon a-t-il la carapace solide, mais elle n'est pas sans défaut. Alors, en bon chrétien, il peut toujours prier le ciel pour que les sondages remontent au plus vite. 

J. L. Miranda 


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